« Mission sur les exceptions… »

fantomas-fejos-01-gLe Premier ministre a réuni ce jour les ministres concernés par la question des exceptions [aux limitations de vitesse].

Le gouvernement rappelle que [la limitation des vitesses] est un principe essentiel en termes à la fois de protection des [usagers de la route] et de [sécurité routière].

Pour autant, l’existence [d’infractions aux limitations de vitesse] est une réalité. La législation et la réglementation applicables comportent des dérogations pour permettre [à] certaines activités [de ne respecter les limitations de vitesse]. Elles sont nécessairement de natures diverses car répondant à des besoins différents (temporaires ou permanents, généraux ou territoriaux…). Une part de complexité est donc inévitable. Mais ces dérogations ont été rendues confuses par les interventions réglementaires et législatives de la majorité précédente.

[La limitation des vitesses sur route] soulève des questions à la croisée d’enjeux économiques, sociaux et sociétaux : aspirations des [conducteurs], respect des droits des [piétons] notamment du droit [à ne pas se faire écraser], adaptations aux nouveaux modes de vie sur les territoires dans leur diversité, conciliation vie personnelle et vie professionnelle, attractivité des territoires.

Le gouvernement souhaite que la question des exceptions à ce principe général soit examinée pour clarifier le cadre juridique.

C’est pourquoi le Premier ministre a décidé de confier une mission sur cette question à M. Jean-Paul Bailly. Il devra examiner les faiblesses du dispositif actuel, éclairer les enjeux de [la suppression des limitations de vitesses] et faire des propositions au gouvernement.

Le Premier ministre souhaite que cette mission repose sur un dialogue approfondi avec l’ensemble des parties prenantes : partenaires sociaux, élus, représentants de la société civile, associations de consommateurs et de professionnels…

Son rapport et ses propositions sont attendus pour la fin du mois de novembre.
Enfin, le gouvernement rappelle que les décisions de justice doivent être respectées.

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« Et Attali broutera des cartes perforées »

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« Et Attali broutera des cartes perforées » (Poinçonneuse Bull de cartes perforées, P112)

Vient de sortir le rapport Attali sur « L’économie positive »… Après une lecture en diagonale, pas grand chose sur la formation. Ouf !

Pour être honnête, je m’attendais à y trouver de bonnes grosses erreurs factuelles, des prises de position à l’emporte-pièce… bref, de quoi étriller Attali, ce « pompeux cornichon ». Mais je n’ai vu qu’un discours convenu, des évidences enfilées comme des perles, rien de saillant.

PROPOSITION N° 4

DÉFINIR DES INDICATEURS EXTRA-FINANCIERS DE RÉFÉRENCE

– débuter cette évolution par des mesures simples pour mieux intégrer les considérations sociales et environnementales aux comptes ; ainsi, affecter rapidement certains postes au titre d’investissements plutôt que de charges (formation par exemple);

C’est mignon comme tout, on dirait « Le Petit Prince », mais concrètement, je ne vois pas trop ce que ça peut donner, et j’aurais besoin qu’un-e ami-e comptable m’éclaire… Créer un tableau d’amortissement pour les achats de formation ? Enregistrer les rémunérations des salarié-e-es en formation dans un compte dédié ?

PROPOSITION N° 18

INTÉGRER DES CRITÈRES POSITIFS DANS LES CHOIX DES MARCHÉS PUBLICS

[…] Les types de clauses positives envisageables pourraient être des obligations de formation des jeunes (objectif véritablement de long terme, plus que le simple objectif d’insertion qui demeure temporaire, alors que la formation avec validation diplômante fournit des qualifications solides qui seront par la suite reconnues).

Là aussi, on ne peut qu’être d’accord. Il est évident qu’avoir participé à un chantier d’insertion ne se mange pas en salade, et qu’un diplôme est une clé d’entrée sur le marché du travail. On imagine quand même Attali, enfiler sa parka, saisir sa hache, pour aller récolter quelques « qualifications solides » pour cette hiver…

PROPOSITION N° 32

METTRE LES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION AU CŒUR DE L’ÉDUCATION

[…] Grâce aux technologies de l’information émergent de nouvelles formes d’apprentissage, plus individualisées et plus aptes à reconnaître la multiplicité des intelligences.

L’équipement des salles de classe a déjà commencé. Les investissements en la matière doivent devenir prioritaires et, surtout, s’accompagner d’une évolution de la formation des enseignants, de la pédagogie et des programmes, pour que ces technologies soient à l’origine d’un véritable changement de l’apprentissage. L’échange et l’entraide entre élèves, la personnalisation des conseils de l’enseignant, la valorisation de la créativité sont en effet rendus possibles par ces outils.

– Pistes de travail et méthodologie : Former les enseignants à l’usage des nouvelles technologies. Revoir en concertation avec les enseignants et les spécialistes des nouvelles technologies les programmes scolaires pour les adapter aux possibilités offertes par les nouveaux moyens de communication. Associer les entreprises du secteur à la réflexion pour profiter des dernières avancées en la matière.

Il y a beaucoup à dire sur la technolâtrie de Jacques Attali, mais on trouvera en conclusion un texte du regretté Jaime Semprun qui est un assez bon résumé.

On fera juste remarquer que si les progrès en la matière doivent être regardés avec intérêt, la MOOCophilie actuelle doit être questionnée, et ce ne sont pas les CLOM, CLOT… qui résoudront les inégalités actuelles d’accès à la formation (continue notamment). Et n’être pas dupes non plus ni des soubassements idéologiques, ni des enjeux industriels colossaux de cette « révolution ». Citons par exemple l’aventure malheureuse des TBI québécois. On reviendra sur ce sujet, à propos de la vidéo d’Attali diffusée çà et là…

Une dernière pour la route :

Les partenaires sociaux pourraient être incités à négocier sur les nouvelles formes de management, incluant l’implication des salariés dans les enjeux de leur entreprise grâce aux outils numériques.

Et on pourrait négocier la GPEC sur Twitter ? À toutes fins utiles, je rappelle aux représentant-e-s du personnel et responsables RH que le CE doit « liker » le plan de formation d’ici la semaine prochaine… Lire à ce sujet l’article publié chez Tissot.

Pour conclure, je ne résiste donc pas au plaisir de citer un livre que j’aime beaucoup, déjà ancien (1975), mais qui reste visiblement d’actualité…

« Il [Attali] s’extasie sans vergogne sur ces avant-goûts des joies futures d’une société libre que constituent à son sens l’autoradio et les pseudojeux auxquels elle permet de participer. Après un tel début dionysiaque, on est tout de même rassuré sur le bouleversement grandiose qu’il préconise en apprenant que l’Etat, pas plus que la marchandise, ne sera aboli pour si peu (c’est là où Mitterrand montre le bout de l’oreille). Et lorsqu’il se veut visionnaire, n’écrit-il pas que l’homme de l’avenir, si tout se déroule selon ses plans, sera « un homme ultrainformé, couplé à des machines-mémoires effectuant pour lui les manipulations cybernétiques sémantiques ». Et Attali broutera des cartes perforées. Mais pour l’heure l’IBM sur lequel il s’était branché pour écrire son dernier ouvrage devait avoir le vague à l’âme, déprimé sans doute par la ridicule apparence de son appendice humain, car son information a de curieux ratés, et sa mémoire flanche. » [le reste de la notice, et de l’ouvrage, se trouve là http://inventin.lautre.net/livres/Jaime-Semprun-Precis-de-recuperation.pdf , en prenant garde aux coquilles !]

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« certifié #RNCP »…

Alors que j’effectuais des recherches sur le #RNCP, je tombe sur ça

Tant mieux pour cet honorable centre de formation, sauf qu’il me semble avoir lu dans le code de l’éducation (Article R335-12 §3) que

S’agirait-il d’un malentendu ? Le CFPJ obtenant l’enregistrement de son titre de niveau II, se serait cru touché par la grâce, et certifié (homologué, agréé, etc.) lui tout entier ? Je préfère penser à une maladresse, et ne pas me lancer dans des procès d’intention…

Udo Jürgens, certifié par le RNCP en 1966 (à droite France Gall, représentante de la CNCP)

Udo Jürgens, certifié par le RNCP en 1966 (à droite France Gall, représentante de la CNCP)

N’empêche que je garde derrière l’oreille un article de @educpros, sous-titré « Le RNCP, un label devenu incontournable« , et ce paragraphe

Intérêt numéro un : proposer un diplôme dont la valeur est reconnue par l’État, à travers ce répertoire. Et pour une formation qui n’a rien d’autre à faire valoir, c’est un atout concurrentiel non négligeable.

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